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La restauration


Comparé aux mobilier XVIIe et XVIIIe " siècle relativement peu de clavecins ont survécu. Il n'est pas surprenant alors que l'on ne restaure pas aussi fréquemment des clavecins que des sièges Jacob, des cabinets Roentgen et des bureaux Crescent.

En plus, pour le facteur de clavecins, après une éclipse d'un siècle et demi, les instruments anciens constituent la principale source d'information sur son métier. Voilà pourquoi la plus grande prudence préside aujourd'hui à la restauration de clavecins anciens. La crainte d'altérer la substance originale, la conviction que des méthodes d'investigation plus performantes permettrons demain de tirer des informations insoupçonnées de ces instruments, la certitude aussi que certaines restaurations hâtives, par le passé, ont ignoré des témoignages aujourd'hui irrémédiablement perdues nous amènent à procéder avec une prudence presque craintive, voire à nous inciter à conserver au lieu de restaurer.

Voilà pourquoi, avant d'entreprendre une restauration, nous analyserons soigneusement les risques encourus et l'opportunité et la possibilité de redonner vie à un instrument. Trois options s'offrent alors à nous :

  - Conservation de l'instrument en l'état : Dans ce cas, les seuls travaux    entrepris ont pour but d'arrêter la progression de la dégradation de l'état de    l'instrument.
   
  - Conservation et restauration de vitrine : L'état de l'instrument ne permet pas    de lui redonner vie (table d'harmonie trop vermoulue p. ex.). Il est alors    possible d'étudier une restauration qui permets de présenter l'instrument en    vitrine, sans le faire sonner. (La table d'harmonie ne supporterait pas la    tension des cordes).
   
  - Conservation avec restauration complète : L'état de conservation de certains    instrument permet en effet de leur redonner vie, de les rendre présentables et    de les faire sonner.


Quelle que soit la solution adoptée, celle-ci est entreprise avec la plus grande précaution et exécutée avec le soin requis par les Musées Nationaux. Au cours de la restauration nous faisons des relevés précis et dressons des plans détaillés de l'instrument. Par ailleurs, nous rédigerons un rapport de restauration comportant le descriptif de l'instrument et de son état avant la restauration, une étude du contexte historique, l'énumération des travaux entrepris ainsi que des méthodes et des matériaux employés et finalement des conseils de conservation. En règle générale un tel rapport sera illustré par des photographies prises avant, pendant et après la restauration.

Le principe fondamental d'une telle restauration : La réversibilité.

Aucune restauration ne peut prétendre être définitive. Il faut par conséquent que l'intervention du restaurateur soit identifiée comme telle ou documentée de telle sorte qu'elle ne puisse pas être confondue avec l'état original. C'est ainsi que pour la restaurations de décors de la table d'harmonie nous n'utiliserons pas les même média que l'original. Notre intervention doit, dans les cas d'une prochaine restauration, s'effacer et laisser la place au seul état original.

Instruments restaurés :

  - Un clavecin à deux claviers signé François Etienne Blanchet, Paris 1765    (Collection Robert Rosenbaum, Scarsdale, New York. Aujourd'hui : Music    Museum Hamamatsu, Japon).
   
  - Une épinette en aile d'oiseau signée Nicolas Blanchet, Paris 1710, (Ville    d'Angers).
   
  - Un clavecin à deux claviers signé Johannes Ruckers, Anvers, 1632, ravalé à    Paris en 1745. (Musée d'Art et d'Histoire, Neuchâtel).
   
  - Un clavecin à deux claviers signé Andreas Ruckers, Anvers 1646, ravalé à    Paris par Blanchet (1756) et refait par Taskin (1780). (Musée de la Musique,    Paris). Restauration partielle.
   
  - Un clavecin à deux claviers, signé Louis Denis, Paris 1658.
   Collection privée
   

Rapport de restauration du clavecin
signé Louis Denis 1658 (1635 - 1711) .

 

photo
Clavecin signé Louis Denis, Paris 1658 (Photo du catalogue de la vente Christie's)

 

La rencontre

J'ai rencontré le clavecin qui fait l'objet de ce rapport il y a plus de 30 ans, en 1973 si ma mémoire ne me trompe pas.

Lors d'un dîner en ville mon vis à vis à table avait entretenue la compagnie avec son passionnant métier : Concessionnaire de voitures. C'est entre la poire et le fromage qu'il m'a demandé mon métier à moi. Associé au grand William Dowd depuis un an et demi, plongé jusqu'au cou dans la facture de clavecins, la réponse vient sans l'ombre d'une hésitation : facteur de clavecins.

" Ah, me dit-il, des clavecins, nous en avons plusieurs dans notre château en Bretagne. ". J'avais fait, quelques semaines avant ce dîner, la rencontre d'une dame qui m'avait demandé d'examiner un " clavecin dans la famille depuis le moyen âge ". Ce " clavecin " rectangulaire, plaqué acajou, portait très clairement la signature " Erhard 1812 " : Un joli piano-forte. Je savais donc qu'il fallait se méfier et je soumettais le jeune home à un véritable interrogatoire : Combien de claviers ? Décoration ? Inscriptions ? Signature ? Etc. Et il apparut qu'un des instruments conservé dans le Château de Mur de Bretagne avait tout l'air d'être un clavecin. Les autres non.

N'ayant pas de voiture, j'ai loué une voiture pour deux jours et ai fait le voyage en compagnie d'un jeune chercheur attaché au musée des instruments au Conservatoire Nationale de Musique de Paris (La célèbre rue de Madrid). Pierre Dumoulin et moi sommes donc arrivés au Château de Mur où nous avons été reçus par Madame Arzeel Ambrogi, née Buffet, la sœur du concessionnaire Volkswagen.

Il y avait là plusieurs instruments de musique ainsi qu'une collection de belles éditions musicales. Je me souviens d'un beau volume de Geminiani. Nous avons appris alors que le château avait été la propriété du Commandant Lecerf, connu pour avoir collectionné des instruments de musique au début du XXe siècle. Apparemment la famille Buffet avait acheté le château avec son contenu, dont le clavecin.

Pierre Doumoulin et moi avons donc examiné l'instrument dans de très bonnes conditions puisqu'on nous avait autorisés à le sortir dans la cour du château où la lumière était excellente. C'est là qu'on été pris les clichés ci-après :

Photo

Sur ce cliché les doigts de l'auteur de ces lignes sont clairement identifiables en haut du couvercle ainsi que ses élégantes chaussures sous le clavecin

photo

Le clavecin photographié en 1973 à Mur de Bretagne

La rosace n'était plus en place. Mais le fond de l'instrument n'étant maintenu que par quelques vis modernes, il nous a été facile de le démonter, de récupérer la rosace qui était tombée à l'intérieur et de prendre ce premier cliché da la signature :

photo

Signature photographiée en 1973

Pierre Dumoulin a immédiatement exprimé le soupçon que les initiales BS de la rosace pouvaient être celles de Benoît Stehlin.

C'est bien plus tard que j'ai revu le clavecin dans les différents appartements de la famille Ambrogi, à Paris rue de Reims d'abord, à Saint Germain en Laye ensuite.

photos

Mon conseil de ne laisser personne toucher l'instrument n'a malheureusement pas été suivi. Monsieur Ambrogi a confié l'instrument à un facteur collectionneur anglais, Michael Thomas. Celui-ci a cordé l'instrument sur place et l'a fait jouer sans prendre les précautions d'usage. Heureusement cette intervention n'a pas causé de dégâts irréparables.

 

Description illustrée de l'instrument :

Il s'agit d'un des plus anciens exemples de la facture française connue. A ma connaissance, le plus ancien clavecin français connu à ce jour, sans doute le premier instrument à deux claviers expressifs de cette école est celui de Jean Denis, Paris 1648, conservé au Musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun.

Le clavecin signé Louis Denis, Paris 1658 est donc du plus haut intérêt organologique, d'autant plus que tous les éléments de la caisse (éclisses, table d'harmonie, sillets et chevalets, sommier et fond) sont d'origine, sans altération et dans un état de conservation tout à fait satisfaisant. Avant d'arriver à l'Atelier von Nagel, l'instrument a fait un passage au laboratoire du Musée de la Musique à Paris. C'est à cette occasion de Jean-Claude Battault à établi les relevés ci-après :

 

FICHE DESCRIPTIVE :

  - Ateur :  Jean-Claude Battault
  - Date de rédaction de la fiche : Février 2003

  - Collection : Collection privée, Paris
  - Numéro d'inventaire :  
  - Nom de l'œuvre : Clavecin à deux claviers
  - Facteur : Louis DENIS
  - Date d'exécution : 1658
  - Lieu de fabrication : Paris

 

DESCRIPTION :

Caractéristiques techniques :

  - Caractéristiques   techniques : Etendue du clavier : GG/BB-c3, 50 notes
trois jeux : 8'  (manette à droite)
                  8' ' (manette à gauche)
                  4' 
    Accouplement à tiroir des claviers
Sautereaux plombés garnis de plume
Caisse à fond rapporté
Assemblage des éclisses à queue d'aronde

Charpente interne :
trois traverses inférieures en forme de U
Traverses supérieures allant de l'échine à la courbe, évidées sous les chevalets, assemblage avec le boudin (mi-bois ?) : barrage à rapprocher du clavecin de Louis Denis, 1677, collection du musée de la musique.
     
  - Bois : Echine : sapin
Joue : sapin
Courbe : tilleul ou peuplier
Fond : sapin (en deux parties, petit fond non original) Table d'harmonie : résineux
Sillets et chevalets : noyer
Claviers (non originaux) : naturelles plaquées d'ébène, feintes en bois noirci, plaquées d'os
     
  - Meuble : Caisse :
Joue, courbe et pointe décorées de motifs floraux enrubannés sur fond gris, avec encadrements de filets dorés.
Pourtour interne des éclisses décoré de papier peint à décor floral sur fond bleu.
Table d'harmonie décorée de motifs floraux (tulipes, renoncules, oeillet, muguet, jasmin, rose) et animaliers (oiseaux, libellule, mouche, scarabée, papillon), encadrement des chevalets, sillets et pourtour de table d'harmonie à festons bleus sillets et chevalets moulurés.
Moulures d'accroche et couvres-joints moulurés et dorés Deux crochets de tenue du portillon au dessus des blocs de claviers
Charnières de couvercle à motif en pique inversée, peinte en gris

Couvercle et portillon :
Couvercle en deux parties : petit couvercle et grand couvercle construits à encadrement de bois.
Extérieur du couvercle peint en gris
Intérieur du couvercle décoré d'un paysage à l'antique Extérieur du portillon décorée de motifs floraux enrubannés sur fond gris, avec encadrements de filets dorés, serrure à motifs en colonnette.

Piétement :
Piétement peint en gris, à ceinture moulurée et dorée, soutenu par sept pieds en gaine à chapiteaux de style corinthien et à sabots dorés.
     
  - Inscriptions : Sur la table d'harmonie, rosace en bois portant les initiales " B S "
Au revers de la rosace, trace de papier portant le numéro 2115 souligné.
Sous la table d'harmonie, inscription manuscrite à la sanguine :
" fait par Louis D---- / A paris 1658 " puis trois étoiles à cinq branches disposées en triangle
     
  Dimensions : Longueur de l'échine : 2170 mm
Longueur de la joue : 681 mm mm
Longueur de la pointe : 355 mm
Largeur totale : 800 mm
Hauteur d'éclisse : ~ 236-237 mm
Hauteur de la gorge : 99 mm
Epaisseur fond : ~ 10-12 mm
Epaisseur échine : ~ 20-21 mm
Epaisseur joue : ~ 1,17-1,2 mm
Epaisseur courbe : 1,1 mm
Epaisseur pointe : 1,3 mm
Epaisseur de la table d'harmonie au niveau de la rosace : 3,8 mm
Largeur claviers : 660 mm
Largeur claviers trois octaves : 458 mm
Longueurs vibrantes ( en mm) :
     

Note
8' inf
8' sup
4'
GG/BB
1594
1572
972
C
1557
1532
948
F
1381
1356
800
c
1125
1099
615
f
920
884
491
c1
638
609
335
f1
488
469
250
c2
342
330
165
f2
264
253
124
c3
166
153
80

Point de pincement :

Note
8' inf
8' sup
4'
GG/BB
176
159
71
C
173
156
68,5
F
160
144
60
c
143
128
48
f
131
116
40
c1
118
101
31
f1
109
94
27
c2
98
83
20
f2
92
75
16,5
c3
83
66
13,5

Diamètres des cordes :

Note
8' inf
GG/BB
0,39
C
0,31
F
0,27
c
0,26
f
0,26
c1
0,23
f1
0,21
c2
0,21
f2
0,17
c3
0,17

Métal des cordes:

Note
8' inf
8' sup
4'
GG/BB
laiton laiton laiton
C
laiton laiton laiton
F
laiton laiton laiton
 
G
fer fer laiton
c
fer fer fer
f
fer fer fer
c1
fer fer fer
f1
fer fer fer
c2
fer fer fer
f2
fer fer fer
c3
fer fer fer

Dimensions des sillets et chevalets :

basses
aigus
sillet 4'
H = 9 mm / l = 8,5 mm H = 7,7 mm / l = 8 mm
  chevalet 4' H = 9 mm / l = 8,5 mm H =7,8 mm / l = 8,7 mm
sillet 8' H = 14,3 mm / l = 13,5 mm H = 12,4mm / l = 13,4 mm
chevalet 8' H = 14,4 mm / l = 13,8 mm H = 12,9 mm / l = 12,9 mm

Angles des assemblages d'éclisses :

  échine - pointe : 51°
  pointe - courbe : 145°
  courbe - joue : 146,5°

Il est à noter que le cordage trouvé sur l'instrument en février 2003 est l'œuvre de Michael Thomas qui a recordé l'instrument après l'installation de la famille Buffet/Ambrogi à Paris.

La caisse :

  - Construction à la flamande à fond rapporté :
   A la différence d'autres instruments dont le fond constitue la fondation sur    laquelle s'élève l'ensemble de la caisse : Notamment dans l'école italienne,    mais aussi dans l'école franco-allemande (Mietke).

photo

L'intérieur de la caisse, le fond déposé, photographié avant la restauration

  - Les éclisses, échine, pointe, courbe et joue ainsi que le linteau, le boudin et le    barrage sont d'origine et non altérées.
  - Le sommier est d'origine sans altération.

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Le sommier avant restauration

  - Position des chevilles sur le sommier : chromatique d'origine.
  - Assemblage des éclisses à queues d'aronde.
  - Assemblage du linteau et du contre-sommier à chevilles bois

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La joue avant restauration montrant les chevilles d'assemblage du linteau et du contre-sommier

  - La table d'harmonie est d'origine et sans altération apparente :

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La table d'harmonie avant restauration

  - Les chevalets et sillets 'à l'italienne' sont en noyer. Ils n'ont jamais été   déplacés ni rallongés. Le grand chevalet se termine sans 'crosse' (tout comme   celui du clavecin de Louis Denis de 1677) :

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Le sommier avant restauration

Les deux petites joues intérieures des deux cotés des claviers sont d'origine.
(On trouve les traces des deux mêmes éléments sur l'instrument de 1677).

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Les joues intérieures avant restauration

  - Le couvercle et l'abattant sont faits à partir d'un couvercle et d'un abattant   aux dimensions plus petites. (Une pratique courante au XVIII siècle).

 

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La mécanique :

  - Les claviers sont de date plus récente probablement première moitié XXe    siècle.
  - Les sautereaux datent de la même époque.
  - Le cordage est de date récente (deuxième moitié XXe siècle).
  - Les registres recouverts de cuir et les guides datent certainement du XVIIIe    siècle.

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Les registres avant restauration

Le piétement :

  - De date plus récente que la caisse. (XIXe siècle, voire début XXe)

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Inscriptions :

  - L'instrument comporte l'inscription suivante à la sanguine sous la table
  d'harmonie : " Fait par Louis Denis à Paris 1658 " ainsi que trois étoiles à cinq   branches disposées en triangle.

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On retrouve cette façon de signer dans plusieurs instruments des membres de la famille Denis.

  - La table d'harmonie comporte une rosace en bois sculpté et doré avec les    initiales BS (Benoît Stehlin ?) et sur le contreparement le chiffre 2115.

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Le décor :

  - La table d'harmonie : Très joli décor floral d'origine en bon état de   conservation.

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  - La couronne (éclisse au dessus de la table) : papier imprimé à décor floral   polychrome d'origine.

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  - Les éclisses : L'échine est couverte d'une simple peinture grise. La joue, la    courbe, la pointe et le portillon comportent des filets or ainsi que les    guirlandes à fleurs polychromes. (Après examen de ce décor floral en    compagnie de France Bonnimond et Alain Bouchardon, restaurateurs de    tableaux, je tendrais plutôt à voir ce décor dans la seconde moitié du XVIIIe    siècle).
   

photo

Décor des éclisses avant restauration

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Détail: joue avant restauration

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Détail joue/courbe

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Détail éclisse courbe

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Détail éclisse courbe/pointe

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Détail pointe

 

Etat de l'instrument :

  - La caisse est relativement saine. La table d'harmonie y compris les décors à la   détrempe en assez bon état. Le grand fond est juste maintenu par quelques   vis. Le   petit fond est sans doute de date plus tardive et de facture assez   rustique.
   
  - Couvercle et abattant sont fendus à plusieurs endroits, notamment aux joints    de collage datant de l'élargissement de ces deux éléments. Les charnières sont    anciennes, ainsi que la serrure du portillon.
   
  - Les décors des éclisses sont d'une certaine fragilité et souffrent de quelques   manques.


Autentification :

Louis Denis :

Les analyses réalisées au Musée de la Musique en 2003 certifient l'authenticité de la caisse Il n'y a aucune raison de douter de l'authenticité de la signature et de la date sous la table d'harmonie, d'autant plus que tous les clavecins connus de la famille Denis sont signés de cette façon. Le clavecin avec ses éclisses, sa table d'harmonie, son barrage, ses chevalets, son sommier sont l'œuvre de Louis Denis et datent de l'année 1658. Il s'agit donc d'un des rares clavecins français du XVIIe siècle connus, donc aussi d'un des plus anciens clavecins français (à deux claviers) qui nous soient parvenus.

Benoît Stehlin :

L'inventaire dressé le 15 juillet 1774 après la mort de Benoît Stehlin mentionne entre autres : " Item un clavecin en très mauvais ordre sans sautereaux ny cordages fait a Paris par Louis Denis ".

L'inventaire répertorie, par ailleurs, un certain nombre de clavecins en cours de construction fait par Benoît Stehlin ainsi qu' " un clavecin fait par Jean Ruckers " et un autre " fait par Nicolas Dumont ".

Des instruments de facteurs plus anciens transitent donc dans l'atelier de Benoît Stehlin, dont un instrument signé Louis Denis. Que la rosace en bois sculpté avec les initiales BS date d'un passage dans l'Atelier Stehlin n'est pas certain, mais l'hypothèse n'est pas absurde puisque, nous l'avons vu, un instrument signé Louis Denis se trouve à l'atelier de Benoît Stehlin en 1774.

Explication possible :

La rosace en parchemin était abîmée et a remplacée par une rosace dans le tradition parisienne du XVIIIe siècle.

 

Autres instruments connus de Louis Denis.

  Musée Paris : Clavecin, deux claviers, 1677, 50 touches, Paris
Epinette 1664 , 50 touches, Paris
     
  Tagliavini : Epinette en aile d'oiseau 1681, 50 touches

 

Autres instruments de la famille Denis :

  Jean II Denis : Clavecin, deux claviers, 1648,
Musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun Epinette, 1667,
Musée Municipal de Varzy
     
  Philippe Denis : Clavecin à deux claviers 1674 (Musée Lorrain, Nancy) Epinette à l'octave, 1672, (Musée de la Musique, Paris)

 

Projet de restauration présenté le 18 février 2004 :

Les travaux suivants devraient être envisagés pour la conservation de l'instrument et pour une utilisation éventuelle :

  - Etablissement d'un relevé et d'un plan de l'instrument  
  - Documentation photographique de l'état avant et après la    restauration.  
  - Démontage de la mécanique.  
  - Décordage.  
  - Consolidation de la caisse  
  - Réparation des couvercles  
  - Sauvetage et restauration des décors peints sur les éclisses de façade.    Traitement des manques.  
  - Nettoyage de la peinture ornant les couvercles  
  - Réalisation de claviers similaires à ceux du clavecin Louis Denis de    1677 conservé au Musée de la Musique à Paris.  
  - Réalisation de sautereaux identiques à ceux du Louis Denis conservé    au Musée de la Musique.  
  - Emplumage avec de la plume véritable  
  - Cordage. Diapason recommandé proche de 392 Hz.  
  - Harmonisation et réglage  
  - Consolidation du piétement  

 

Paris, le 18 février 2004

Reinhard von Nagel

Les intervenants

  Facture instrumentale et coordination : Atelier von Nagel
20 rue Bouvier
F-75011 Paris
     
  Direction et harmonisation : Reinhard von Nagel
     
  Flipotage de la table d'harmonie Thierry Casseleux
     
  cordage, étude du clavecin de 1677 réalisation et mise en place de la mécanique
Guillaume Finaz
     
  Ebénisterie : Simon-Pierre Etienne
20 rue Bouvier
F-75011 Paris
T. ++33 (0)1 43 72 33 39
     
  Restauration du décor de la table d'harmonie : Isabelle Chochod etMarie Begué
12 rue Clément Viénot
F-94300 Vincennes
T. ++33 (0)1 4328 65 90
     
  Restauration du décor de la caisse et des couvercles : Alain Bouchardon
10 avenue du Maréchal Foch
F-60300 Senlis
T. ++33 (0)3 44 53 10 15
     
  Sculpture des frontons de touches : Anne Nicolle
3 rue Elzevir
F-75003 Paris
T. ++33 (0)1 42 72 15 28

Matériaux et procédés :

  - Les bois de la même essence que les pièces réparées  
     
  - Les colles animales solubles à l'alcool  
     
  - Les cordes proviennent de Malcolm Rose en Angeterre. Elles ont aussi   proches des cordes anciennes que possible de nos jours.  
     
  - Isabelle Chochod : Peinture spéciale pour restauration : Marque :    Maimeri Restauro, pigment et résine mastique, diluant 2/3    Diacétone-alcool, 1/3 propanol. Dissolvant : White spirit.  
     
  - Alain Bouchardon : Papier chiffon, pigments et colle  

 

Christophe Rousset durant l'enregistrement des oeuvres de Louis Couperin
sur le clavecin signé Louis Denis Paris 1658

 

 

     
     
     
     
     

 

 

Reinhard von Nagel
Facteur de clavecins
Maître d'Art
 
Entreprise du Patrimoine Vivant
Atelier von Nagel
20 rue Bouvier
F-75011 Paris
Tél : +33(0)1 44 93 20 93 / + 33 (0)6 11 11 81 58
adresse e-mail : vonnagel@sfr.fr


Membre des Grands Ateliers de France